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De
nombreux témoins ont vu un impressionnant
météore traverser le ciel français
le vendredi 25 janvier 2008 peu après 18h,
la chute d'une météorite ?
Des
témoignages émanent de personnes de la région
de Bourges semblent plus précis, ils parlent d'une
explosion et d'une détonation, ils sont pris en compte
par les services
de l'État,
Il s'en
suit
une
vague médiatique... |
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Première
dépêche de l'AFP sur le sujet (25 janvier
2008 à 22h27)
Prise
pour un avion en feu à Avignon, une météorite
finit sa course à Bourges
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Alertés
par des habitants, des pompiers du Vaucluse ont recherché vendredi
soir un avion en feu qui s'est avéré être
une météorite ayant achevé sa
course à Bourges après avoir été signalée à Gap,
Montélimar et Lyon, a-t-on appris de sources
concordantes.
" Vers 18H00 des gens nous ont signalé un avion en feu disparaissant
au-dessus d'une colline", a indiqué le centre de secours (Codis)
du Vaucluse qui avait reçu des appels de Carpentras et Avignon. "On
a dépêché des véhicules sur place à la recherche
d'un aéronef. Mais on n'a rien trouvé. Des recoupements nous ont
ensuite permis d'établir qu'il s'agissait d'une météorite",
a poursuivi le Codis.
Selon des scientifiques, six chutes de météorites sont enregistrées
chaque année en France. Mais les Vauclusiens n'ont pas été les
seuls à avoir de la chance.
Selon le Codis 69, un particulier a appelé vers 18H00 "pour dire
qu'il avait vu une lumière verte traverser le ciel au-dessus de Lyon".
Alertée, la base aérienne du Mont Verdun, à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or
(Rhône), a indiqué que "c'était une météorite
et qu'elle était tombée du côté de Bourges".
Les gendarmes de Bourges ont été alertés vers 18H30 par
un automobiliste ayant vu "une lumière de couleur verte ou bleue
puis avoir entendu une détonation".
La "chose" serait tombée près du village de Trouy, à 7
km au Sud de Bourges. Selon la préfecture du Cher, l'aviation civile a
confirmé le passage de ce qui "pourrait être un petit morceau
de météorite". Rien n'a été trouvé sur
place et il n'y a eu ni victime, ni dégâts, selon la préfecture. |
Reuters
(samedi 26 janvier 2008 à 16h15)
Probable
chute d'une météorite dans la région
de Bourges
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Une
météorite se serait écrasée
vendredi, en début de soirée, sur la
commune de Trouy, au sud de Bourges (Cher), a rapporté un
astronome de la région.
L'objet, tout d'abord assimilé à un "avion en flamme",
selon les témoignages recueillis pas les pompiers du Vaucluse, a été vu
dans le sud de la France avant qu'un employé de l'aérodrome de
Bourges, par ailleurs astronome, ne confirme sa chute dans le Cher.
Après une première battue infructueuse, effectuée samedi
matin, la ruée vers la météorite commençait à agiter
les esprits.
" Des auditeurs nous appellent pour dire qu'ils ont vu un disque lumineux
qui a stationné au-dessus de leur tête", a rapporté un
journaliste de France Bleu, la radio locale.
À Trouy, où les médias nationaux commençaient à affluer
samedi matin, cette météorite est considérée "comme
un cadeau du ciel", a déclaré à Reuters un habitant
du village de 2.900 habitants. |
AFP
(samedi 26 janvier 2008 à 20h28)
Chasse à la
météorite près de Bourges, un
contrôleur aérien témoigne
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Les
recherches pour tenter de retrouver la météorite
de faible taille qui aurait atterri vendredi près
de Bourges sont restées vaines, alors qu'un
contrôleur aérien de l'aéroport
voisin a indiqué samedi avoir vu exploser "le
bolide" à une centaine de mètres
au-dessus du sol. Une dizaine de policiers, aidés
par une dizaine d'habitants du village de Trouy où l'objet
volant serait tombé, ont cherché en vain
samedi matin dans un brouillard épais un impact
sur le territoire de la commune située à 7
km au sud de Bourges.
Repéré par des témoins dans les
Alpes de Haute-Provence, le Vaucluse et le Rhône
avant d'être aperçu par des habitants
du Cher, l'objet a suscité l'émoi mais
sa chute n'a apparemment fait aucun dégât
ni blessé, selon la préfecture du Cher.
D'une taille ne dépassant pas celle d'un ballon
de football, il aurait en effet explosé en vol,
selon le témoignage de Jérôme Cotte,
contrôleur aérien de l'aéroport
de Bourges. Vendredi soir, vers 18H15, il était
dans la tour de contrôle. "J'attendais un
avion qui avait du retard. Je regardais face au sud,
quand tout à coup: une météorite.
C'était une lumière très intense,
basse sur l'horizon. Une boule de feu incandescente,
orange, avec une importante gerbe d'étincelle,
suivi d'une lumière bleue verte", a-t-il
raconté. Selon ce passionné d'astronomie,
la boule de feu a explosé "à une
centaine de mètres au-dessus du sol".
Selon des scientifiques, il tombe chaque année
sur la Terre jusqu'à 100.000 tonnes de matière
extraterre, mais pour l'essentiel sous forme de poussières.
Six chutes de météorites sont enregistrées
en moyenne chaque année en France.
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| Quelques
coupures de journaux de la presse régionale
du Centre relatant l'évenement : |

©
Le Berry Républicain, samedi 26 janvier 2008.
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© Le
Berry Républicain, dimanche 27 janvier 2008. |
© La
Nouvelle République, lundi 28 janvier 2008.
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Chasse à la
météorite à Bourges... |
| Nous arrivons
sur place le dimanche 27 janvier vers 15h. Au lieu-dit
la Fosse-Berthaud, nous rencontrons
Carine Bidaut et Bruno Fectay ainsi que deux de leurs
amis qui arrêtent leur journée de prospection,
car ils doivent prendre l'avion pour le salon de Tucson
le lendemain... Une bonne dizaine de personnes arpente
les champs environnants. Avant de nous quitter, Bruno
et Carine nous donnent leurs renseignements sur l'évènement.
Nous passons le reste de l’après-midi à prospecter
dans un champ à proximité de la Fosse-Berthaud.
Cela nous donne le ton de notre quête : sol boueux
et collant ! Avant de se mettre en quête d'un hôtel
sur Bourges, nous rencontrons un journaliste de La Nouvelle
République du Centre-Ouest, très sympathique,
qui nous parle de ses sources et de son interview du
contrôleur aérien de Bourges, l'un des témoins.
Il donne un avis favorable sur la personne et dit que,
pour une fois, le témoin sait de quoi il parle,
vu qu’il est astronome amateur. |

© Meteoritica
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Nous
trouvons un hôtel et passons
la soirée à essayer de démêler
les différents éléments de cette
affaire. Nous arrivons à la conclusion que tout
cela est loin d’être clair et que nous
ne pourrons rien faire sans renseignements directs
des témoins principaux. Le lendemain matin,
nous parlons avec M. Cotte, qui a vu le phénomène
de la tour de contrôle de l’aéroport
de Bourges (témoin N°1), et, gentiment,
il accepte de nous répondre. Il nous donne la
direction, la hauteur et sa description du phénomène.
Nous transcrivons sur une carte précise son
témoignage, en y reportant la direction de l'explosion
du bolide. Il nous informe aussi, confirmant ses dires à plusieurs
reprises, qu’il a entendu le bruit de l’explosion
environ trois secondes après l’avoir vu
se produire.
Là, nous nous trouvons face à notre première
interrogation : pourquoi cette trajectoire passe t’elle à l'Est
de la Fosse-Berthaud ? En l'absence du témoignage
de l'automobiliste qui a tout déclenché,
car il veut rester anonyme et ne désire plus témoigner,
nous nous demandons pourquoi la "battue" du
samedi matin a eu lieu à cet endroit…
Dans l'expectative, nous partons plus à l'Est
de la Fosse-Berthaud, toujours entre Trouy et Bourges,
faire un tour, à tout hasard, dans les chemins
de traverse croisant la trajectoire établie par
le contrôleur aérien.
Tout en marchant, nous commençons à nous
dire que nous ne possédons aucun élément
suffisamment précis pouvant motiver une recherche
supplémentaire sur le terrain et que nous allons
devoir abandonner. Mais, alors que nous tentions malgré tout
de fouiller des yeux d’immenses étendues
de champs, nous rencontrons au beau milieu d’un
chemin deux dames qui marchaient tout en devisant sur
la météorite de Trouy. L’une de ces
dames (Madame M. (témoin N°2)) nous interpelle
en nous demandant si nous cherchons la météorite.
A notre réponse affirmative elle nous dit que
ce n’est pas par là qu’elle est tombée
puisqu’elle-même l’a vu tomber "a
ses pieds"... Elle nous décrit la même
explosion que le contrôleur aérien mais
avec plus de précision et de détail. Elle
a vu le bolide exploser – comme un feu d’artifice
- des fragments incandescents s'écarter de part
et d'autre et s'éteindre en descendant vers le
sol avant de disparaitre de son champ de vision. Ce témoignage
inespéré nous redonne du courage. Elle
nous donne tous les renseignements, son emplacement exact,
la direction et la hauteur. Comme ce témoin voit
l'explosion en direction du Sud-Est, soit dans une direction
différente que le celle du contrôleur aérien
et que le recoupement des témoignages donne une
zone quelque part entre Trouy et Bourges, nous pensons
qu'enfin tout cela se tient.
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© Meteoritica,
carte IGN. |
Malheureusement,
l’après-midi est dans sa deuxième
moitié et le soleil décline vite, créant
de trop nombreuses ombres pour que la moindre recherche
ne soit envisageable. Nous allons devoir patienter
jusqu’au lendemain matin. Nous prenons une
chambre d’hôtel avec vue (éloignée
mais vue quand même…) sur notre zone
de recherches et il ne nous reste qu’à attendre…
Le
lendemain, après un réveil à 6h40,
un solide petit déjeuner et une douche revigorante,
nous sommes sur place à 8h du matin. Il fait
-3°C, il y a un épais brouillard. Les
sillons sont d'une grande utilité pour suivre
une marche rectiligne, nous nous espaçons
d'environ 5m. En fin de matinée, nous avons
fouillé une zone d'environ 15 hectares...
Le froid nous aide car il est plus facile de marcher
sur un sol gelé que de s’enfoncer à chaque
pas dans la boue et le brouillard nous donne un sentiment
de solitude. Après un rapide déjeuner,
nous repartons sur la zone pour quadriller une friche.
Ces cinq hectares supplémentaires marqueront
la fin de notre journée de recherches. Il
est impossible de retourner marcher dans les champs,
le sol est trop mou et les champs sont tous justes
semés. De plus, la fatigue se fait sentir.
Nous rentrons à l’hôtel les jambes
couvertes de boue avec en tête la somme des
hectares qu’il reste à couvrir.
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© Meteoritica |
© Le
Berry Républicain, lundi 28 janvier 2008. |
| Mercredi
matin, mauvaise nouvelle : il a plu dans la nuit et
il ne fait pas assez froid pour que les sols soient
gelés. Les champs sont des pataugeoires, impossible
d’y poser un pied. Nous tournons quelques instants
en voiture avant de se dire que nous allons retourner à Arçay,
là où un homme dit avoir vu quelque chose
tomber dans un champ labouré. Le temps de parcourir
le chemin qui longe le champ en voiture et son propriétaire
vient à notre rencontre. Il nous dit connaître
le témoin, que c’est un homme fiable.
Il nous donne l’autorisation de prospecter son
champ et nous propose même de nous aider. Il
a l’idée de contacter l’association
d’astronomie du village, mais personne n’est
intéressé pour nous aider. Le champ est
labouré depuis deux mois et est assez lisse
car majoritairement sableux ou limoneux. Le temps s’est
mis à la pluie et nous retournons à Bourges
acheter un équipement en conséquence.
D’accord pour marcher dans la gadoue par 1°C
et de la pluie mais avec l’équipement
adéquat. Armés de grosses chaussettes,
de bottes, de gants imperméables et d’un
K-Way nous commençons à sillonner le
champ… 25 hectares à couvrir. Le propriétaire
du champ et son fils nous rejoignent, nous tirons des
bords entre 5 et 10 mètres… Cela durera
près de trois heures avant que nous capitulions.
Nos bottes accumulent des quantités de terre
incroyables, nous n’avons plus la force de soulever
nos pieds après les efforts de la veille... Le
propriétaire du champ nous propose d’aller
voir le témoin de la chute le soir même
voir si celui-ci peut nous donner des renseignements
supplémentaires afin de réduire notre champ
de recherches. Nous acceptons avec plaisir ! Tout ce
qui peut réduire la zone de prospection nous semble
le bienvenu ! Après avoir rencontré le
témoin, il nous téléphone, porteur
d’une mauvaise nouvelle. L’homme peut parfaitement
définir la direction, mais il n’a aucune
idée de la distance ! Nous abandonnons l’idée
de retourner chercher le lendemain matin. Il faut se
rendre à l’évidence : la zone est
bien trop vaste et les chances de retrouver quelque chose
sont vraiment très minces... |
Un
peu plus tard dans la soirée,
nous recevons un email d'un ami.
Celui-ci nous informe qu’il a recoupé les
informations qu’il a reçues par témoignages,
ainsi que celles provenant des divers forums
ayant
parlé de ce bolide. Il en a calculé une
première trajectoire simulée qui amènerait à une
explosion s’étant produite à 56 km
d’altitude et à un point de chute théorique
dans le Sud de la France. http://meteorites.superforum.fr/portal.htm
Il faut se rendre à l’évidence, on
ne la trouvera pas… |
© Meteorpassion,
carte Google Earth. |
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